Becky's blog

Taggueuse de ciel

27 mai 2008

J-7

pluieDans une semaine jour pour jour, je serai en train de composer, anonyme parmi des milliers, dans le hall impersonnel d’un bâtiment de la banlieue parisienne.

Dans une semaine et un jour… tout cela sera fini, tout ce pour quoi je travaille depuis 2 ans sera terminé.

Et en attendant… je travaille, je travaille, je travaille, avec l’aiguillon du stress qui commence à s’insinuer (mais que je combats à coup de valériane, de passiflore et de bisous, non mais ! ) Je me dis que je n’arriverai jamais à boucler mon programme comme je le souhaite… je voulais finir mon tour vendredi au plus tard, pour revoir les gros chapitres sur les trois derniers jours, mais j’avance moins vite que prévu… il y a toujours des choses pour lesquelles je me dis zut, j’avais oublié, donc je le ré-écris, je le ré-apprends… et je perds du temps.

Je n’ai plus stage le matin, du coup je passe mes journées chez moi. Pour changer d’air, j’alterne chambre, salon, cuisine… et même, soyons fou ! la bibliothèque. Si si, je vous jure… je suis une aventurière du quotidien, moi ! Je fuis la bibliothèque de la fac comme la peste, et je me réfugie dans la petite bibliothèque d’un musée près de chez moi, sans étudiants en médecine… le rêve. Ça me permet de voir du monde, et même de faire quelques rencontres amusantes…

La semaine dernière, par exemple, le monsieur de la médaille… Et aujourd’hui, une conversation loufoque avec un autre monsieur près de moi (mais non, je n’attire pas les pervers…), qui m’a abordée lorsque la bibliothèque fermait, pour me dire « dites donc, vous surlignez beaucoup ! et à surligner, on perd parfois l’essentiel…» ! Ce à quoi j’ai rétorqué… chacun ses méthodes ! D’autant plus que je bossais dans un bouquin effectivement surligné, mais que je n’étais pas en train de surligner, enfin bref. Du coup, nous voilà embarqués dans une discussion, de laquelle il est ressorti, en vrac, que le meilleur stabilo pour mémoriser était le violet, que l’on se trompe beaucoup sur les apparences (il me voyait en littéraire rêveuse, surlignant un poème devant la pluie… so romantic), et que les étudiants en médecine ont la réputation d’être ceux qui ont les meilleures capacités de concentration. M’enfin, à la fin je l’ai laissé partir devant, hein, il avait l’air un chouia louche quand même ;-)

Bref, beaucoup de choses à la fois, mais une semaine intense… qui me fait réaliser, encore une fois, que plus c’est compliqué, et plus je me sens vivante. Cool ^^

Image : http://purpledoll.hautetfort.com/les_mots_des_autres/

Posté par Becky Wincky à 18:30 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 mai 2008

« La vie, c’est jamais si bon ni si mauvais qu’on croit »

coeurUne vie, Maupassant

D’un côté, un dimanche après-midi calamiteux, qui m’a laissé brûlante de rage et pantelante de stress.

De l’autre…

- Une grande discussion avec Il entre minuit et deux… j’aime bien les interludes comme ça.

- Le dimanche après-midi, Il qui m’a récupérée à la gare, qui a séché mes larmes, n’a pas lâché ma main, et m’a emmenée boire un verre puis dîner dans un super resto où les chefs cuisinent sous nos yeux, en balançant le tofu et les saint-jacques dans les assiettes. Si si, je vous jure. Et puis on est rentrés chez lui, j’ai un peu travaillé, et je me suis endormie juste contre lui, le nez dans son T-shirt.

- A la bibliothèque cette après-midi… un vieux monsieur assis devant moi, qui lisait avec une loupe. En partant, il s’approche de moi, et me dit : tenez, accepteriez-vous cette médaille de la Vierge ? elle est bénie, vous savez... vous la voulez bien ? Et pouf, il me l'a offerte, juste comme ça, en me souhaitant bon courage et en me disant que j'étais charmante ;-) Du coup, ça fait une heure que j'ai un sourire béat :-) Je ne suis pas spécialement croyante, mais j’avoue que là, à 15 jours de l’internat et entre le cancer de la prostate et le syndrome néphrotique sur amylose, ça fait toujours du bien ^^ Et puis, les dons désintéressés sont asses rares pour être notés !

Bref…ça ne va pas si mal que ça. Ça va même plutôt bien, disons-le !

Posté par Becky Wincky à 18:46 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 mai 2008

Comme un fantôme décoloré

4117789C’est maintenant qu’il faudrait. Tout mettre dans cet ultime but, tout oublier, pour un mois, à peine… compartimenter, ne pas tout mélanger, arrêter de penser… Remplacer les rêveries par des classifications TNM, les battements de cœur par des chapitres d’ophtalmo, les écrits par des fiches…

Lili, take another walk out of your fake world
Please put all the drugs out of your hand
You'll see that you can breath without not back up
Some much stuff you got to understand

Je ne peux plus, tu sais.

For every step in any walk
Any town of any thought
I'll be your guide

Tout ce que je veux, c’est qu’on me laisse tranquille. Dans mon coin, dans mes pensées. Libre de courir, de créer, de rêver… Vivre. Avant d’être vieille, pour ne pas mourir sans avoir vécu… Perdre de ma vie pour sauver celle des autres, ça ne m’intéresse plus. Je deviens égoïste, depuis quelques temps.

For every street of any scene
Any place you've never been
I'll be your guide

Envie de nuit, de cette musique, de cette voix qui m’obsède, cette voix rauque en sourdine, la guitare derrière… envie de me noyer dans tout cela, de m’endormir, et de me réveiller une fois que tout cela sera fini.

Lili, you know there's still a place for people like us
The same blood runs in every hand
You see it's not the wings that makes the angel
Just have to move the bats out of your head

Partir, loin, loin, un aller sans retour tu sais… faire ce tour du monde, ces nuits sous la tente, marcher dans les Highlands, et me baigner dans les sources volcaniques d’Islande. Revivre.

For every step in any walk
Any town of any thought
I'll be your guide

En attendant, je blesse les plus purs, je suis attirée par un miroir aux alouettes, peut-être. Chercher la liberté là où je peux la prendre.


For every street of any scene
Any place you've never been
I'll be your guide

Alors, garder le cap, encore un peu, rien qu’un peu, ne pas regarder loin, juste vivre, minute par minute, mot par mot. Avancer chapitre par chapitre, faire pour le mieux, arrêter de croire que les autres font mieux. Blinder son esprit.

Lili, easy as a kiss we'll find an answer
Put all your fears back in the shade
Don't become a ghost without no colour
Cause you're the best paint life ever made

Le temps porte conseil, et la vie fait toujours son chemin.

For every step in any walk
Any town of any thought
I'll be your guide
For every street of any scene
Any place you've never been
I'll be your guide


Posté par Becky Wincky à 16:26 - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 mai 2008

Vivre, simplement vivre...!

Je viens de comprendre.

Ce n’est jamais le bon moment, ça ne sera jamais le bon moment. Avant je pensais que je Saurai. Quand. Qui. Quoi. Lorsque je serai grande.  Et puis… les secondes défilent, les unes après les autres, inexorablement, et je me rends compte que je ne sais toujours pas, je ne sais toujours rien. Je doute.

Tiens, d’ailleurs, ce n’est pas le bon moment pour douter, non plus. Moins d’un mois avant l’internat. Moins d’un mois. Au lieu de me jeter tout entière dans le travail, je doute… et j’essaie de limiter la casse. Je n’en peux plus.

Errance virtuelle… Je voudrais brûler encore une fois au brasier des premières fois. Ici. Se reconnaître un peu, il y a un an… lire avidement la suite.

Sur mes pages de cours, jusque dans mes rêves, leur duel se poursuit. L’un. Puis l’autre. Lequel ? Leurs mots, leurs visages se mêlent, leurs sourires… Mon cœur se brise, je me réveille épuisée.

Un regard échangé, des papillons, ce visage brûlé, l’espoir de peut-être… Non.

Je voudrais être simple. Je voudrais être amoureuse, comme avant, sans me poser de questions, je voudrais que la perspective d’être médecin m’emplisse de joie… Là, je suis juste vide. Déserte. Transparente, sauf pour les autres. Ils me parlent ils me parlent ils me parlent, et moi je me noie.

Tu seras bien classée, ne t’inquiète pas ! Comment ça tu es stressée ? Tu ne te sens pas au point ? Il serait temps, pourtant… envie de mordre.

Tout se mélange, tout se mêle, tout va trop vite pour moi, la vie me happe, et moi… ? moi je veux me perdre dans les mots, dans la musique, me perdre dans les dédales du Louvre, m’asseoir devant

la Victoire

de Samothrace, et rester là… Je veux courir dans les champs, je suis une herbe folle que l’on essaie de faire rentrer dans un carcan. Je veux être allongée près de toi tes mains sur moi t’embrasser t’embrasser t’embrasser oublier sentir le soleil sur ma peau le vent dans mes cheveux qu’est-ce qu’elle attend la ptite lady gare St Lazare ?

Je me dis libre, quelle ironie… je suis prisonnière de tout ça, je critique les règles, et je n’ai pas le courage de m’en défaire. Je n’ai pas le courage de partir. C’est tellement plus facile de faire ce qu’on attend de vous. De suivre le politiquement correct.

Et pourtant… je me suis fait une promesse, un soir, il y a bien longtemps, mais je ne sais comment la tenir.

Posté par Becky Wincky à 11:46 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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